Dimanche 19 avril avait lieu notre 4ème Roulage En Groupe de la saison. C’est Célia qui est à l’honneur pour nous conter cette journée, étant venue sur un coup de bluff, sans s’être inscrite.
Dimanche en Seine-et-Marne
C’est sous un ciel bleu mais avec une petite brise fraiche que la journée a démarré, avec au programme une bonne dose de frissons… pas seulement à cause du vent ! Rendez-vous au parking de l’Intermarché de Ferrières-en-Brie pour retrouver les copains de la CASIM 78 et choisir son groupe d’allure — de quoi satisfaire aussi bien les pilotes tranquilles que les plus engagés. Puis cap sur Provins, joyau médiéval de Seine-et-Marne, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2002. Le temps d’un pique-nique et d’un café bien mérité dans ce cadre hors du temps, avant de reprendre la route pour arpenter les belles — et parfois capricieuses — petites routes des alentours.
Au total, 250 km de bitume avalés avec le sourire, pour un retour par Gonesse. Une belle journée, comme on les aime.
Merci à Célia pour le (bref) compte-rendu de ce REG, et merci à tous les encadrants grâce à qui cette journée s’est déroulée sans anicroche.
Pour compléter, on peut ajouter que : – personne n’a rencontrée de difficulté pour faire le plein d’essence – oui il y a pu y avoir des passages à la limite du tous chemins 😅, ce n’est pas toujours évident sans aller faire une reconnaissance soi-même avant – et que tout le monde avait l’air heureux de ce roulage en groupe avec une météo magnifique
Dimanche 8 février avait lieu notre 2ème Roulage En Groupe de la saison, celui-là même que nous avions dû annuler le 16 novembre dernier pour mauvaise météo. C’est Mickaël qui, pour une sombre histoire de pinlock…,a l’honneur de nous conter cette journée.
Une journée de roulage avait été organisée le 8 février 2026 par suite de l’annulation de celle du mois de novembre 2025.
Pour moi, l’enjeu fut double :
• Reprendre la pratique du deux-roues après un an d’abstinence… Nous étions déjà en 2026.
• Me qualifier pour le week-end touristique de mai. N’ayant eu l’information que très tardivement, il me fallait participer à une randonnée longue, c’est-à-dire supérieure à 180 kilomètres.
En préambule, une sortie moto réussie est une sortie que l’on prépare en amont, avec une bonne nuit réparatrice… Je laisse cela aux autres : la précipitation et le manque de sommeil sont les ingrédients qui mettent toujours un soupçon de sel dans la vie. Comme on dit dans la musique, on laisse place à l’improvisation : on tape le bœuf (ce jour-là, il n’y en avait pas).
Donc, samedi, après une bonne journée de labeur, je me décidai vers 22 h 35 – 22 h 37 à retirer les étiquettes de mes équipements fraîchement achetés sur LBC et à préparer ma batterie rechargée. 23 h 45, au lit pour une longue nuit sans sommeil. Debout dimanche, plein gaz… enfin, dans le gaz. Arrivé au souterrain, j’ai toujours la surprise de la voir… Cette moto. On pourrait imaginer le pire. Elle et moi, on fait chambre à part. Je retire la banquette qui fait office de selle puis y dépose la batterie. Première galère : impossible de visser correctement une des cosses. La deuxième arrive encore plus vite : impossible de remettre la selle. Il n’y a pas à dire, plus je m’énerve, moins ça va mieux… Comme toujours, je me maudis d’avoir acheté cette merguez. Bonne résolution pour 2026 : je mettrai une cagoule… Tiens, elle me cache le visage… Pas le temps. Je roulerai la mentonnière ouverte, c’est tellement cool. Bizarre, la jugulaire est un peu courte. Je roule au vent ; la brise bien fraîche du matin me donne l’allure d’un vieux chien avec mes yeux larmoyants.
Départ de Guyancourt à 9 h 00. Avec un peu de chance, ils seront déjà partis… Direction Bois-d’Arcy. Les commodos sur cette moto sont tout sauf intuitifs… Force est de constater que je ne peux plus arrêter les clignotants. Avec cette marque bavaroise, rien ne m’étonne. J’essaie : un coup à gauche, un coup à droite. Je me dis que je vais encore me prendre des réflexions. Forcément, je rate l’échangeur… m’obligeant à faire un long détour. J’aperçois un attroupement de motos. Très démonstratif, je montre tout de suite que la sécurité est l’affaire de tous : je prends les contre-allées en contresens, coupant ici et là… Halte à la station-service. J’arrive pile au moment de l’appel — mais pas celui du 18 juin. Je retire mon casque et vais saluer les personnes. Je constate que mon tour de cou était coincé entre mon crâne et mon casque… Nous sommes un groupe de six, avec deux accompagnateurs. Quelle fierté d’incorporer l’élite — enfin, les plus aguerris… Par excès de modestie, on dit « dynamique ». On n’est même pas partis qu’on parle déjà trajectoires de sécurité, autonomie, quinconce…
Je pars, comme à mon habitude, en queue de peloton. Après avoir rejoint la voie rapide, direction Dreux par la RN12. Le vent me fouette le visage. Je ferme simplement ma visière pour m’apercevoir que le monde qui m’entoure prend une teinte bleutée et granuleuse. Je distingue péniblement les véhicules et les motards qui me précèdent. Au cinéma, on appellerait cela un étalonnage… « Le Mépris » de Godard. Je plisse les yeux, prends le temps d’évaluer toutes les possibilités — qui se résument à ouvrir la visière… Je ne voulais pas connaître la même fin que le film. La voie rapide en moto n’a pas de sens… Entre le bruit, le vent qui vous arrache les narines et cette route définitivement rectiligne, je me dis que je vais très vite en avoir plein les bottes…
Mon salut arrive rapidement : direction Plaisir puis Pontchartrain. Je peux enfin ouvrir grand la visière et profiter du soleil qui enjolivera notre journée. On roule compact, à un rythme bien contenu. J’ai le loisir de regarder le paysage défiler. Je remarque alors que le pot de la moto devant moi fume d’une étrange fumée blanche — celle qui fleure bon le joint de culasse en fin de vie. J’observe aussi un goutte-à-goutte qui semble venir du trop-plein du réservoir. J’ai bien essayé de lui faire entendre raison… Il y eut une maigre tentative d’arrêt… Mais la route reprit ses droits. En arrivant à Houdan pour la pause, deux sujets s’imposent : la moto à vapeur… et mon casque « étalonneur ». Le Pinlock 120 donnerait-il une coloration ? Pendant le café, le naïf que je suis demande à l’assistance si la teinte perçue à travers la visière est normale. Après avoir regardé à travers mon casque — et m’avoir bien chambré — on entreprend de retirer la visière pour accéder au film plastique qui recouvrait encore le Pinlock…
Retour vers les motos. Un rapide coup d’œil au vase d’expansion : on n’y distingue rien. Bref, la belle est coutumière des voyants moteur orange et du manque de liquide de refroidissement. Un passage par Montreuil, dans cette vallée où l’Avre enjambe l’Eure. Arrivée vers 11 h 30 à Dreux, sur un rythme entendu et complice. Les manœuvres avec moteur à l’arrêt sont toujours un moment épique. Petit débriefing sur l’itinéraire, puis pause déjeuner. Avant la reprise, je sollicite les moniteurs pour être derrière l’ouvreur après le repas. Aujourd’hui, ce sera pizza. Petite salade pour moi et café… Je me méfie toujours des repas copieux. Je sollicite encore pour être derrière l’ouvreur. Là, pas de galanterie…
On repart. Ça accélère franchement. Je vois dans mon rétro le groupe s’étirer. Passage en sous-bois, dépassements, on garde le rythme. Arrêt à Vernon pour une pause salutaire. Je laisse ma place et me mets au fond, contre le radiateur. On change de rive à hauteur de Bonnières-sur-Seine. Je me surprends à devenir bucolique en remontant la Seine sur sa rive droite. Puis nous prenons à gauche pour la montée de Clachalôze. Les blocs de roche, les cailloux, les conifères, la pente raide et la route étroite donnaient un parfum de routes cévenoles…
En haut, le motard est un contemplatif… Il domine le paysage avec sa monture. Il prend le temps de l’échange. Moi, pas.
On nous propose de refaire la descente pour celles et ceux qui le désirent. Je repars — et remonte forcément plus vite… Pas le temps de tergiverser. On reprend la route dans le Vexin français ; on y découvre de larges vallées où serpente l’asphalte.
Je quitte le groupe à hauteur de Meulan, les poignets tétanisés et les adducteurs endoloris pour trois jours. La moto est aussi un sport.
Merci Mickaël pour le compte-rendu de ce REG, et merci à tous les encadrants grâce à qui cette journée s’est déroulée sans anicroche.
Dimanche 5 octobre avait lieu notre 1er vrai CPM de la saison, sur le thème Maniabilité lente, équilibre de la moto, déplacer la moto avec et sans moteur, rien que ça ! Pourtant, malgré un thème aussi alléchant, Cécile a trouvé le moyen d’arriver bonne dernière au CPM, ce qui lui vaut l’immense privilège de nous raconter cette journée, telle qu’elle l’a vécu.
Chers Casimirs,
Malgré son attribution « injuste et arbitraire » :), je suis « enchantée » (c’est à peine exagéré lol) de vous proposer le CR de ce dimanche 5 octobre.
Cette journée est plutôt mal engagée pour moi. Je me fais violence pour me lever à 7h et parcourir 125 km dans un froid glacial alors que tout porte à croire que je ne vais pas passer une journée très agréable. Tout est dit dans l’intitulé de ce CPM : Maniabilité lente, équilibre de la moto… Du haut de mes 156cm, autant dire que ce n’est absolument pas la discipline que je maîtrise le mieux, au contraire c’est ce qui m’angoisse le plus !
Fort heureusement, mon arrivée tardive au point de RDV (qui me vaut ce CR) m’a déjà libérée de cette séance d’échauffement qui d’après les vidéos ne manquait pas de panache 🙂 ; remarque, le ridicule ne tue pas et je ne doute pas de son efficacité pour la suite….
Tout le monde est désormais prêt à débuter cette journée et rentrer dans le vif du sujet.
Afin de répartir les nombreux participants, nous autres les stagiaires Casimirs sommes répartis en différents ateliers, animés par l’un des fabuleux moniteurs de la CASIM 78 (moi, faire de la lèche ?? … impossible… Ce n’est pas mon genre 🙂 ) NDR: attention Cécile, le CR à vie n’est pas loin, tss, tss….
Voici comment se déroule la matinée me concernant :
1. ATELIER « mécanique » : les points de contrôle à vérifier
En tant que « Pilote Usine » 🙂 (sans aucun stéréotype, c’est mon mari qui gère la mécanique, chacun son domaine lol), j’ai essayé de m’intéresser à cette partie mais je dois avouer que mon petit cerveau à une mémoire un peu sélective… Promis, un jour je m’y mets !
2. ATELIER « Béquiller correctement, Déplacer la moto sans moteur »
Bon ba là, encore une fois la « Pilote Usine » d’1m56 devrait toujours pouvoir bénéficier d’une assistance… Mais bon, à défaut de grandir en cm, il faut que je grandisse dans la gestion de ma moto en solo…
Les précieux conseils du moniteur se sont avérés très utiles ! Je parviens désormais à béquiller, à me garer très proprement, alignée à mon voisin, et même à 4 motos sur une seule place de parking ! Le tout sans appeler à l’aide, si ce n’est pas la classe ça 🙂 Pour ma part, c’est un énorme progrès !
3. ATELIER « Positionnement sur la moto, Equilibre de la moto »
Après avoir étudié les différents points d’appui sur la moto, en ce qui me concerne la trouvaille du point d’équilibre fut une révélation !
Plus sérieusement, les techniques enseignées pour déplacer la moto, en se positionnant correctement et en cherchant le point d’équilibre de la moto ont été très bénéfiques pour mes petits bras ; plus besoin de forcer ! Bon je vais devoir encore m’entraîner mais pour certains, déplacer la moto est devenu un jeu d’enfant, y compris pour les amateurs de GROS TRAILS (bien plus hauts que moi — 🙂 )
Après tous ces efforts, une pause déjeuner fut bien méritée… Me voilà donc escortée en direction du Burger King … j’ai donc réalisé l’exploit de me garer toute seule comme une presque grande et n’étant pas remise de cette grande émotion, j’en ai oublié mes clés sur la moto… J’espérais pouvoir me débarrasser du CR mais là, j’ai vraiment tendu le bâton pour me faire battre….
Heureusement le déjeuner m’a regonflée à bloc et c’est reparti pour la suite de la journée….
Il va nous falloir de l’énergie pour affronter la maniabilité lente ! Alors pour nous mettre en jambes, nos supers moniteurs ne trouvent rien de mieux que de nous faire faire des ronds et des ronds en faisant l’équilibriste sur notre machine … Mais m’ont-ils bien regardée ? Moi, risquer de faire tomber la plus belle des motos (normal, c’est la mienne), en faisant l’amazone ??? alors autant je ne vais pas débattre de l’existence de l’amazone dans le Kama Sutra, mais moi qui maintiens la position sur une moto, ça n’arrivera jamais…
Et pourtant, (sans transition), on pourra noter les prouesses réalisées dans l’après-midi :
1. CAROUSSEL
Me voilà sur la moto, une main levée, puis debout, puis les pieds sur la selle (oui oui je l’ai fait, bon d’accord…. un seul pied) et le moment tant attendu arrive ! Avec une élégance rare, Mr le moniteur se positionne en amazone sur sa moto, et c’est donc à nous de reproduire… Contre toute attente, je suis parvenue à basculer ma jambe droite du côté gauche… ! Pour la réalisation complète de la position, on repassera, mais je vais m’entrainer (je n’ai pas dit où ni comment 🙂 ) … ! Bravo à tous les casimirs, j’ai pu observer de jolies figures avec beaucoup de style, de vrais petits acrobates !
2. ATELIER « Maniabilité lente »
Après une superbe danse des casimirs en herbe, jouant des mains et des pieds sur leur moto, nous sommes passés à la maniabilité lente, domaine pour lequel j’ai une belle marge de progression… (comme pour tout le reste me direz-vous…)
A commencer par la gestion du point de patinage, qui a comme qui dirait laisser entendre un joli rugissement des moteurs…. A cela on ajoute la gestion du frein arrière et nous voilà prêt pour réaliser les plus belles des courses lentes ! Qui aurait pensé un jour vouloir être le dernier à une course ? Et bien fort heureusement dans ce contexte je l’ai fait ! Comme quoi, la bienveillance, les conseils avisés et les encouragements des moniteurs ont fait des miracles !
Tous les casimirs ont eu la joie de s’affronter et de voir leurs progrès à vitesse lente (ça change un peu), cet atelier s’est avéré très utile et contre toute attente pour moi, presque agréable.
Enfin, afin de finaliser cette journée pas si désagréable finalement, nous avons fini par faire des ronds mais cette fois les plus petits possibles. Qui l’eut cru ? il est effectivement désormais envisageable de tourner autour d’un plot à seulement 3 ou 4 mètres… Pour ma part, ce sera encore dans un rayon de 5 mètres… les moniteurs font des miracles mais avec moi, ce n’est pas une mince affaire… Je retiens quand même de cette super expérience, l’importance du regard et le magnifique déhanché du fameux Mikette !
Voilà voilà, je parle je parle, mais il est temps de clôturer avant de vous endormir…
La journée s’est déroulée dans la joie et la bonne humeur et nous avons pu partager notre expérience autour d’un petit verre ! Merci à tous pour ce CPM qui s’est avéré non seulement utile mais aussi, malgré mes a priori, très agréable 🙂 Pour un 1er CPM de rentrée, ça promet pour la suite !
Un merci particulier à tous les moniteurs et encadrants pour l’organisation de cette journée, pour leur bienveillance et leurs précieux conseils. CLAP DE FIN
Merci Cécile pour ce beau CR complet, qui j’espère, suscitera des vocations de rédacteurs de CR parmi nos nouveaux adhérents 😉
Merci aux stagiaires pour votre bonne humeur malgré nos exercices de torture et aux nombreux encadrants présents qui ont permis de faire de cette journée un beau succès.
Dimanche 21 septembre avait lieu la journée de rentrée de la Casim 78, moment privilégié pour accueillir nos nouveaux adhérents et leur faire découvrir le fonctionnement de l’association le matin, pendant que les anciens s’exercent avec délectation aux joies de la maniabilité lente et que certains nouveaux Visa 2 sont évalués dans le cadre du cursus aide-moniteur… Quant à l’après-midi, il est consacré à la mise en pratique des consignes de roulage en groupe pour nos nouveaux adhérents.
Et c’est donc Badr, un ancien, qui nous conte comment il a vécu cette journée…
Après une année 2025 tumultueuse et un VISA 2 passé quand même pour le défi que cela représente, la décision de continuer l’aventure CASIM me semblait comme une évidence. Deux ans passés au sein de cette association, j’ai appris, j’ai capitalisé, je n’avais qu’une envie, c’était de restituer les connaissances qui m’ont été transmises. Je choisis, avec des amis de la CASIM, de suivre le parcours pour devenir moniteur.
C’est le jour de rentrée, nous sommes conviés un peu plus tôt, rien de challengeant pour les lève-tôt que nous sommes (hein Jo !). Arrivés sur place, on rencontre les anciens moniteurs et notre président, les visages sont de plus en plus familiers, une proximité naturelle… Comme un sentiment d’appartenance m’envahit, chose que je n’avais pas ressentie depuis des années. La journée commence bien.
Le hall se remplit petit à petit par les nouveaux, les yeux pleins de questions, curieux, motivés les uns les autres, à se demander à quelle sauce ils allaient être mangés. Mais ce qu’ils ne savaient pas encore à ce moment-là, c’est que cette expérience allait changer leurs vies, au pire la sauver. Welcome à toutes et tous.
Les groupes se séparent, les stagiaires en salle avec notre président à l’humeur coluchien, et les moniteurs aussi bienveillants les uns que les autres. Les anciens étaient sur les pistes avec une météo clémente pour un jour de rentrée. Nous trois, Mike, Jo et moi-même, sommes un peu à l’écart pour une toute nouvelle évaluation à la CASIM, pour les aide-moniteurs, un peu plus formelle, plus encadrée, mais ambiance bon enfant, où on nous demande de démontrer nos aquis, que ce soit à l’oral ou sur nos motos, voire avec nos motos couchées au sol… la mienne s’est couchée naturellement… et j’en ai profité.
Des exercices nouveaux, challengeants, techniques, tout y est. On sent que les moniteurs veulent nous faire comprendre l’importance des mots qu’on emploierait, l’exhaustivité des exemples à partager, mais surtout la clarté et la justesse du message qu’on essaiera de faire passer. La matinée se passe bien, l’après-midi c’est BALADE.
C’est l’heure d’aller déjeuner, on va tous dans un restaurant gastronomique réputé, au nom évocateur «sa majesté des sandwichs». On mange en décalé, car le service était irréprochable… mais cela nous a permis de faire un peu plus connaissance avec les membres de notre groupe de balade sans avoir la bouche pleine de pain de mie et de répondre aux questions qu’ils se posent : « Tu es comment sur la route toi ? Tu roules fort ou bien tu es tranquille ?? » Pour donner une bonne image, j’ai répondu « je suis tranquille sur la route 🙂 »…
C’est l’heure de commencer la balade, les moniteurs référents me désignent ouvreur, et je dois briefer tout le monde et prendre mon rôle. Mon évaluation commence.
On se met sur nos motos, je charge le GPX, je prie pour que l’application ne me lâche pas pendant l’exercice, car rien de plus frustrant qu’un tracé qui te dit d’aller à gauche et le klaxon du moniteur derrière qui te dit de la tête : non, faut aller à droite.
On se met en mouvement, petite portion d’autoroute, un peu de départementales, beaucoup de routes de campagne. Je veille à ce que tout se passe bien, à ce que je sois compris et à ce que les motards derrière profitent de la balade quand même. Première pause + petit exercice de stationnement pour tous, quelques explications, quelques remarques bienveillantes, et les moniteurs me demandent de continuer la balade en tant qu’ouvreur. Les larmes me montent aux yeux, ma gorge se serre, j’avais envie d’appeler mes parents pour leur dire : j’ai réussi !…
Non je rigole, j’ai mis mon clignotant à gauche et on est parti, mais un sentiment de satisfaction quand même, avouons-le :).
On arrive au point de vue programmé, il y a déjà quelques motards de la CASIM qui sont là. On nous explique que normalement il y a un beau point de vue par ici mais qu’on ne le voyait pas à cause de la végétation. Comme mon père qui me disait sur la côte à Casablanca : « si tu vas touuut droit par-là, tu vas tomber en Amérique, enfin je crois ! … viens on rentre ». La balade continue, et je prends la place du fermeur, sous le regard de Baptiste, je le nomme car c’est important pour la suite…
Tâche un peu plus facile : tu dois veiller à ce que tu ne perdes pas quelqu’un du groupe et suivre le rythme sans te faire larguer. Ça va, je gère, rien d’insurmontable. Ayant été raisonnable en tant qu’ouvreur et sans nuire à l’image que j’ai donnée au stagiaire qui me demandait comment je roulais, je remarque que Baptiste laisse un peu de distance entre lui et moi. Puis je vois une série de virages qui arrivent devant nous, je me dis : c’est le moment de profiter discrètement et de déhancher la moto à une main (la droite pour ceux qui se posent la question…). Premier virage, deuxième et les suivants, Baptiste est un peu loin derrière. Sur un virage à droite, je sens que je suis un peu trop près de la ligne, je couche la moto un peu plus d’abord, puis je check très vite mon rétro pour voir si Baptiste m’a vu ou non, je ne le vois pas, je me dis : c’est bon, c’est passé…
La balade se termine sur un grand parking dans le 95, les dernières remarques pour les stagiaires, de ma part, de la part des moniteurs. Puis Baptiste se retourne vers moi, me dit : « toi, tout à l’heure, tu t’es déporté dans le virage à droite, tu étais trop près de la ligne, zéro visibilité, c’était chaud… ». Moi, innocent que je suis, je dis : « ah non c’est parce que j’étais à une main ». J’avais complètement oublié que je n’étais pas encore immunisé contre les CR… Quelques minutes plus tard, j’entends mon prénom qui résonne dans le parking !!! Wow, tout ce beau monde me connaît ? Je suis devenu une star c’est sûr, c’est pour me féliciter, c’est certain, en plus il prononce mon prénom correctement !!! Je m’approche et la foule m’effrite un chemin tel Moïse qui fend la mer en deux (chacun ses croyances hein). Puis Baptiste qui me demande de répéter ce que je lui ai répondu quelques minutes avant… Je sens le piège se refermer sur moi…
Je nie, je joue la carte de l’humour : « mais non Baptiste, c’étaiiiiit une blaaaaaague, moi ? virages à une main ? jaaamais !!! » Je me dis que je suis peut-être sauvé mais je sens la déception dans le regard de tous. On l’avait, le porteur du CR, et il est en train de nous échapper.
Puis le président, sauveur de la situation, me dit : « tu en as fait combien de CR depuis que tu es à la CASIM ? » Je réponds fièrement « ZÉRO ». Il me rétorque : « et ben c’est une bonne raison de le faire alors ! ». Comme quoi, il y a une justice dans ce monde…
Fin de la balade, fin de journée. Début d’une belle aventure pour toutes et tous.
Il paraitrait, que dans le texte original fourni par Badr, il y avait une dernière phrase dans ce CR pour me féliciter au sujet de ma nouvelle moto… Moi, j’ai rien vu… la phrase a du s’auto-détruire à l’ouverture du document…
Merci Badr pour ce récit croustillant, merci aux participants pour leur bonne humeur lors de cette journée découverte digne d’un marathon, et merci à l’ensemble des encadrants présents sans qui cette journée ne serait pas possible.